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Au carrefour des routes et chemins, de nombreuses croix ou oratoires témoignent encore du passé de nos communes. Nonglard se distingue par un petit monument qui n’a pas son équivalent dans la région : une lanterne des morts. Spécimen unique dans le sud est de la France, ce curieux édifice connu des « Nonglardiens » sous l’appellation « le monument » est situé au chef lieu, au croisement de routes conduisant à la place Verdun et à moins de 50 mètres de l’église. De construction cylindrique de &,6 m de diamètre, coiffé d’une coupole, le tout en maçonnerie, cette tour d’une hauteur de 4 m, est surmontée d’une croix métallique. A la base de la coupole, quatre ouvertures sont destinées à recevoir des lumières orientées en fonction des quatre points cardinaux.
A mi hauteur une niche en plan incliné peut recevoir un livre de prières. Son architecture dépouillé, sa forme et la courbe de son dôme ont permis de situer sa construction dans la première partie du XVII ème siècle, et il faut aller jusqu’en limousin pour trouver la réplique. Sa présence sur ce site trouve son origine dans le rôle important du culte des morts qui consistait à entretenir les lumières sur les sépultures.
Les premiers chrétiens, comme les païens, mettaient des lampes sur les tombeaux et nous allumons encore des cierges autour des morts. La lanterne des morts était un fanal brûlant en l’honneur de tous ceux qui y reposaient. Dans la pensée des gens superstitieux, la lumière chassait les esprits, mais la pensée de l’Eglise semble avoie été d’attirer l’attention des fidèles et de suggérer de prier pour les morts : c’est pour cette raison que la croix s’élevait au-dessus de l’enceinte du cimetière et que, le fanal s’allumait quand la nuit tombait.
Généralement les lanternes des morts étaient édifiées dans l’enceinte même des cimetières. Celle de Nonglard présente l’originalité car elle se dresse à un croisement de chemins. Mais lorsque l’on observe sa situation sur la mappe sarde, on s’aperçoit que l’espace compris entre l’église, à l’époque simple chapelle, et la lanterne, était d’un seul tenant, ce qui laisse supposer l’emplacement d’un cimetière à proximité. Les chemins ont été réalisés par la suite pour satisfaire aux aménagements successifs du hameau.
Ce monument de protection locale, qui n’est plus éclairé que par la lumière du jour ou l’éclairage public, est classé à l’inventaire des monuments historiques depuis 1964. Une restauration récente à été réalisée en 1996 pour mettre en valeur cet étrange monument qui servait peut être à éloigner les esprits maléfiques d’hier, mais qui alimente toujours notre curiosité aujourd’hui. |
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